Tchad : la saison des pluies, ou le traumatisme des N’djaménois

Comme son surnom l’indique,  » Chari Tamané  » ou  » huitième mois  » en arabe local tchadien, est la période de la saison des pluies où il pleut le plus. En cette période, à Ndjamena, la capitale tchadienne, les rues non-bitumées sont quasiment impraticables. Pour traverser certains quartiers de la ville, il faut être très bon conducteur de moto ou de voiture, sinon on risque de glisser sur de la boue, de se faire salir par les innombrables flaques d’eau du chemin.

Dans certains quartiers reculés de la capitale, la vie est assez dure durant la saison des pluies, du simple fait que les routes sont impraticables et chaque sortie de la maison est une angoisse de plus. Les rues des quartiers ne sont pas bitumées et les canalisations sont quasi-inexistantes. Une grosse partie de l’eau provenant des pluies stagne et se transforme en marre. La population se débrouille à coup de pioches, pelles, de voyage de sables, ou encore à l’aide de moto-pompes, pour se frayer un chemin. C’est une situation, malheureusement dont les responsables communaux n’arrivent pas à y apporter des solutions durables.

Quand la pluie angoisse, bonjour les dégâts

Dans ces quartiers comme je l’évoquais ci-haut, il n’y a pas de canalisation pour drainer les eaux vers les bassins de rétention. De ce fait, les eaux de pluies inondent les concessions et causent de nombreux dégâts. Plusieurs maisons se retrouvent complètement submergées. Les bassins de rétention également débordent et l’eau hautement usée rentrait dans les habitations causant de véritable problèmes de santé publique. Et les promenades dans ces coins n’en parlons pas, elles sont pénibles en cette période.

En attendant, que faut-il faire ?

Pour pouvoir sauver les quartiers lors de la saison pluvieuse, il faut creuser des caniveaux pour drainer l’eau hors des quartiers. La population doit de son côté doubler d’efforts et se mobiliser pour que les routes des différents quartiers soient accessibles malgré la saison pluvieuse, notamment en organisant des curages de caniveaux, des collectes de fonds pour remettre les routes en état et surtout oublier l’idée selon laquelle : c’est le rôle de la mairie de s’en occuper » car on a trop compté sur la municipalité mais en vain.

Pour terminer, au Tchad et plus précisément à N’djaména, la saison des pluies dure à peu près trois 3 mois, 3 mois de calvaire pour la plupart des n’djamenois qui vivent dans les quartiers reculés du centre-ville. Entre les dures soudures du huitième mois, la multiplication des moustiques et l’inondation de leurs maisons, les n’djamenois ne savent plus à quel saint se vouer. N’est-ce pas qu’il est dur de choisir qui de la peste ou du choléra nous tuera ?

Partagez

Auteur·e

mahmoudsabir

Commentaires

Ahmad Hassan mohammad
Répondre

Une réalité en N'Djamena. Merci sociologue